Et s’il n’y avait plus de calèches en ville?

Pendant les beaux jours d’été, l’une de mes activités préférées est d’aller me promener dans le Vieux-Montréal. Il y a tant à voir et à découvrir : l’architecture riche en histoire, les galeries d’art, la plage de l’horloge du Vieux-Port, le Centre des sciences et tellement plus!

Seulement, mes visites dans cette partie de la ville sont toujours un peu ternies par le son retentissant des sabots sur les pavés en pierres, qui me rappelle ce que les chevaux sont forcés d’endurer. On y croise souvent des chevaux tirant des calèches, de jour comme de soir, même lors des journées les plus chaudes d’été! Ces chevaux sont contraints de travailler coûte que coûte, peu importe la circulation dense et les bruits assourdissants des voitures ou de la construction. Il n’est pas rare que ces chevaux développent au fil du temps des blessures à force de se tenir debout et de marcher sans cesse sur des surfaces dures ou qu’ils soient victimes d’accidents avec des voitures. De plus, ces animaux sont susceptibles de contracter des problèmes respiratoires occasionnés par l’inhalation de gaz d’échappement toute la journée.

Je ne suis aucunement rassurée par le nouveau règlement municipal de la Ville de Montréal, qui vise à réglementer cette industrie intrinsèquement inhumaine. Aucune réglementation ne pourra assurer la sécurité ni pour les chevaux ni pour les humains. En effet, les chevaux continueront d’être effrayés par les grands bruits ambiants et exposés aux risques d’accidents et de maladies liées aux émissions de gaz par les voitures, particulièrement lors d’événements, comme les célébrations du 375e anniversaire de la ville. C’est une véritable honte que notre ville, supposément de calibre mondial, dépense plus de 500 000 $ de nos taxes pour subventionner la cruauté envers les animaux.

L’image romancée que l’industrie des calèches et la Ville de Montréal veulent bien nous vendre n’a rien à avoir avec la réalité. Non, la réalité de ces pauvres chevaux est d’une tristesse affligeante.

Quel serait le portrait du Vieux-Montréal s’il n’y avait plus de calèches? Le même, mais en infiniment mieux. En effet, même si elle éliminait cette pratique cruelle, la ville continuerait tout de même d’attirer les touristes grâce à l’effervescence de ses arts visuels, de ses festivals de musique et de cinéma, de sa gastronomie, de ses parcs, et d’une foule d’autres activités!

Cette année, nous célébrons le 375e anniversaire de la ville, alors pourquoi ne pas nous offrir comme cadeau d’entrer dans la modernité une bonne fois pour toutes? #stopcaleches

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Marie-Noël Gingras

Marie-Noël Gingras travaille au département de la Défense des animaux à la SPCA de Montréal. Ces dernières années, elle a collaboré à de nombreux projets liés au bien-être et aux droits des animaux (notamment aux blogues Vert et fruité et Portraits de véganes ainsi qu’au Festival végane de Montréal) en plus d’être l’une des organisatrices du Défi végane 21 jours québécois et de signer les recettes du livre du même nom, de l’auteure Élise Desaulniers, paru au printemps 2016 (Éditions Trécarré). Suivez-la sur Facebook pour découvrir plus d’idées sans cruauté!